On a rencontré Delphine, une nantaise qui déchire, car elle a eu la bonne idée d’aider les femmes qui ont des petits pieds à porter autre chose que des chaussures du rayon enfant !

Pourquoi avez vous décidé de vous spécialiser dans le domaine de la chaussure pour femme en petite pointure ?

« Je chausse moi même du 34 mais mes motivations sont bien plus étendues que le fait que je sois touchée moi même par ce souci. Je viens d’une famille de petites femmes. Ma maman mesurait 1,45m et chaussait du 33, ses 3 sœurs chaussent du 34 et 35, ma sœur qui a sept en de plus que moi mesure 1,48m et chausse du 34,5 et ma fille qui a maintenant 22 ans chausse du 34 comme moi.
J’ai aujourd’hui 49 ans et depuis toute petite, j’ai été témoin et victime de situations très désagréables par le fait de chausser une pointure extrême.
Un souvenir particulièrement marquant me revient à chaque fois que j’explique mes motivations de faire ce magnifique métier : quand j’étais encore à l’école primaire, j’habitais à Paris. Ma maman se chaussait à la chaussée d’Antin dans un magasin spécialisé pour petites pointures pour femme. Je l’accompagnais donc régulièrement pour faire ses emplettes. Nous revenions à la maison avec un grand sourire de notre journée shopping. A l’age de 11 ans, mes parents ont décidé de déménager dans l’oise à la campagne suite au premier infarctus de maman. Nous allions en ville faire notre shopping. Finis les magasins spécialisés en petites pointures .. Je revois maman les yeux plein d’envie devant une vitrine de chaussures et rêvant de magnifiques hauts escarpins pour les fêtes de fin d’année.

La vendeuse dans le magasin avait repéré les yeux de maman fixant cette vitrine pleines de jolis souliers. Elle s’approche de maman et lui dit : entrez Madame ! Maman lui répond : non ce n’est pas la peine, vous n’aurez pas ma pointure. La vendeuse répond : Madame ici nous avons toutes les pointures. Et la maman répond, avez vous du 33 s’il vous plait ? Les yeux de la vendeuse change totalement d’allure. Elle la scrute d’un regard
méchant de haut en bas pensant avoir à faire à une extra-terrestre et lui répond avec les mains sur les hanches : mais Madame, quelle idée de chausser une telle pointure !

Dépitée par la réponse de la vendeuse, ma mère sort du magasin et je vois des larmes couler sur son visage. De ce jour, nous n’avons plus jamais fait les magasins de chaussures standards. Toute ma vie, je suis donc allée moi aussi faire mes emplettes dans des magasins de chaussures d’enfants à porter des chaussures dans lesquelles j’avais toujours mal aux pieds car la forme d’un pied d’enfant n’est pas la même que celle d’une femme. Les
chaussures sont plus étroites et le cou de pied de la chaussure est très bas. Je ne portais pas que du plat, j’achetais de temps en temps des escarpins dans des magasins spécialisés en petites pointures mais j’avoue ne jamais avoir eu le coup de cœur car les choix étaient restreints et très classiques voir même totalement démodés. Je me contentais donc de ce que je trouvais comme toutes les femmes qui chaussent petits. Les ventes sur internet n’étaient pas encore développées comme aujourd’hui.

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase c’est quand ma fille qui avait alors 15 ans m’a fait une crise pour que je lui achète sa première paire d’escarpins hauts talons à la halle aux chaussures. Elle avait essayé une paire de 10 cm de talons en pointure 35 dans lesquelles elle nageait totalement. La négociation dans le magasin fût intense ! Elle n’en
démordait pas. Elle était prête à porter ces escarpins avec du coton, du papier journal, des doubles semelles. Elle ne m’a pas laissé le choix que de céder à ses caprices.

Lancement de Petits Souliers

Révoltée de ces situations qui revenaient sur elles mêmes, j’ai décidé de me lancer dans le marché de la petite pointure afin de réaliser le rêve de chacune d’entre nous : porter des souliers à notre pointure et se sentir comme toutes les femmes féminine.
Bien entendu, cela voulait dire aussi qu’en premier lieu, j’allais pouvoir chausser toute la famille : tantes, sœur, fille … 

L’ouverture de Petits Souliers en 2011 devient donc la révolution de la petite pointure pour femme. Sept ans plus tard, ce sont plus de 800 modèles proposés sur notre boutique. De tout genre de toutes les couleurs, de toutes les matières. Un envol de création pétillant pour les femmes qui peuvent enfin avoir le choix de se chausser et d’avoir une paire pour
chaque tenue de son dressing. »

En février 2018, vous avez repris le site internet de petites pointures Liliboty. Comment s’est passé le rachat ?

En janvier, j’ai reçu un appel de la gérante de Liliboty, Emilie, qui m’a expliqué qu’elle souhaitait arrêter son activité et fermer Liliboty. Nouvelle jeune maman, Emilie voulait se consacrer à sa petite fille.
J’avoue que ce rachat n’était absolument par prévu dans mes projets car je
venais de lancer une nouvelle marque et un nouveau projet que j’étais en train de développer : Maria Jamy (des brides amovibles pour escarpins, une solution pour les femmes qui déchaussent les escarpins).

La décision était assez difficile à prendre car je savais que je ne pourrais pas tout faire en même temps : Maria Jamy ou Liliboty.
Cependant, Emilie avait fait depuis 2013 un excellent travail dans sa création de boutique de chaussure pour femme en petite pointure dans un lignée beaucoup plus classique que Petits Souliers. Il aurait été regrettable de laisser tomber un tel projet et surtout d’abandonner les clientes de Liliboty. J’ai donc décidé de racheter Liliboty qui allait devenir
un complément de Petits Souliers.

En effet, en reprenant Liliboty, j’ai aussi préservé l’état d’esprit classique et indémodable de Liliboty. Le rachat s’est très bien passé grâce à nos agences de com, nos webmaster et nos tendres maris qui se sont occupés de la manutention pour récupérer les paires de chaussures de Bordeaux afin de les rapatrier à notre showroom à Nantes. Emilie continue par passion à me donner ses avis et ses choix lors des créations de collections et informe régulièrement ses lectrices des nouveautés de Liliboty sur son blog « pour les petits pieds ». J’ai finalement continué Maria Jamy en même temps que Liliboty.

Quels sont maintenant vos projets ?

“Continuer Petits Souliers bien entendu et développer Liliboty sur ces trois
prochaines années. Je souhaite pouvoir tripler le choix de modèle sur Liliboty. Pour la suite, je ne sais pas encore … J’ai quelques idées mais je préfère me focaliser sur Liliboty et sa réussite. J’ai promis à Emilie de bien m’occuper du petit bébé qu’elle m’a confié (Liliboty) et je vais tout faire pour tenir ma promesse et rendre nos petites cendrillons heureuses et féminines.”

Petits Souliers
https://petits-souliers.com

Liliboty
https://liliboty.com

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