
Alors que nous nous promenions cette semaine au marché de Noël de Nantes, un détail a retenu notre attention : l’origine de certaines chaussettes humoristiques proposées dans l’un des chalets. Une expérience simple, vécue sur place, qui soulève néanmoins des questions intéressantes sur la transparence et l’origine des produits vendus pendant les fêtes.
Une vendeuse qui découvre l’étiquette en même temps que nous
En demandant à la vendeuse d’où provenaient les chaussettes, celle-ci nous a répondu qu’elle ne le savait pas, précisant qu’elle n’était “que vendeuse” et non la responsable du chalet. Nous lui avons alors proposé de regarder ensemble l’étiquette. En la retournant, nous avons découvert qu’elles étaient fabriquées en République démocratique du Congo.
La vendeuse semblait elle-même le découvrir sur le moment, et nous n’avons évidemment aucune raison de douter de sa bonne foi. Cette scène nous a simplement interpellés, car de nombreux visiteurs peuvent penser que les produits vendus dans les marchés de Noël sont forcément locaux ou artisanaux.
Des interrogations récurrentes de la part du public
Depuis le début des festivités, nos publications sur le marché de Noël de Nantes ont suscité de nombreux commentaires de lecteurs s’interrogeant sur l’origine réelle des produits. Certains évoquaient des articles importés, parfois fabriqués très loin de la France.
Pour clarifier cette question et dépasser les rumeurs, nous avons contacté directement le service communication du marché de Noël. L’objectif était simple : savoir si les produits vendus étaient majoritairement locaux ou français, ou si d’autres origines étaient possibles.
Ce que nous ont répondu les organisateurs
Les organisateurs nous ont expliqué que 60 % des chalets présents sont d’origine locale — c’est-à-dire occupés par des professionnels du territoire.
En revanche, concernant les produits eux-mêmes, la réponse a été sans ambiguïté :
les exposants ne sont soumis à aucune obligation concernant :
- l’origine des articles,
- leur pays de fabrication,
- ou les conditions dans lesquelles ils ont été produits.
Chaque chalet choisit librement ses produits, qu’ils soient artisanaux, importés ou issus de circuits internationaux. Les organisateurs confirment donc que des articles fabriqués hors de l’Union européenne — parfois très loin — peuvent tout à fait être proposés au marché de Noël de Nantes.
Fabrication textile en République démocratique du Congo : que sait-on ?
La découverte d’un article fabriqué en République démocratique du Congo pose naturellement la question des conditions de production dans ce pays.
Il existe en RDC quelques ateliers et entreprises locales qui cherchent à relancer une filière textile nationale. Toutefois, selon plusieurs études universitaires et rapports spécialisés, le secteur textile congolais est marqué par :
- des infrastructures limitées,
- un manque de transparence dans les chaînes d’approvisionnement,
- des contrôles insuffisants des conditions de travail,
- et, comme dans de nombreux pays à faibles revenus, des risques liés à la santé, à la sécurité ou à l’exposition à des produits chimiques.
Cela ne signifie pas que tous les produits fabriqués en RDC posent problème, ni que les articles trouvés à Nantes sont concernés. Mais l’origine d’un produit peut légitimement interroger les consommateurs qui souhaitent acheter local, responsable ou éthique, surtout lors d’un événement perçu comme valorisant l’artisanat.
Une question de transparence et d’information
Cette scène n’a rien d’un scandale, mais elle met en lumière un enjeu important : les visiteurs pensent parfois acheter local… alors que ce n’est pas toujours le cas.
Dans un marché aussi fréquenté que celui de Nantes, où l’on recherche souvent des cadeaux authentiques ou artisanaux, il est utile de rappeler que l’origine exacte des produits n’est pas contrôlée par l’organisation. Il revient donc au consommateur de vérifier, s’il le souhaite, les indications présentes sur les étiquettes.
Les chalets locaux et régionaux
Plusieurs commerçants du centre-ville de Nantes occupent des chalets que l’on vous invite à découvrir et à soutenir : Les demoiselles de l’air, L’hôte idéal, Senthiou, Sortilèges etc…





Pourquoi en parler ?
Parce que de nombreux consommateurs, aujourd’hui, cherchent à privilégier des achats plus locaux ou plus éthiques, sans toujours disposer des informations nécessaires pour faire un choix éclairé.
photo à la Une par @wazou_75 sur Instagram